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Voitures autonomes et choix moraux : qu'en pensent les internautes ?

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Des chercheurs du CNRS (membre de TSE – Université Toulouse Capitole), du MIT, des universités d'Harvard et de Colombie Britannique, ont lancé en 2016 la plateforme en ligne « Moral Machine » dans le but d'interroger les internautes sur les dilemmes moraux auxquels nous confronte le développement des véhicules autonomes. Les chercheurs ont ainsi récolté 40 millions de décisions auprès de millions d'internautes du monde entier. Les résultats montrent quelles sont les préférences morales globales qui pourraient guider les décideurs et industriels à l'avenir. L'analyse de ces données est publiée le 24 octobre dans la revue Nature.

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encolpe
24 days ago
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Auteurs et autoédition : des droits et des devoirs aussi ?

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Auteure de multiples ouvrages en autopublication, Aurore Drey a suivi avec attention les débats autour du livre choisi par le jury du prix Renaudot. Suffisamment pour prendre en considération que l’exclusivité de vente de ses titres sur Amazon pose problème. Elle livre ici ses réflexions.



Aurore Drey
 


Au vu de l’actualité qui secoue le monde littéraire francophone, j’ai eu envie de faire ce billet. Souvent, et à leur détriment, le monde de l’édition « classique » et celui de l’autoédition sont montrés comme étant en concurrence. Ce regard clivant vient tant d’acteurs de la filière classique que de la filière indépendante. La réalité n’est pourtant pas si blanche ou noire.

Aujourd’hui, la question de cette frontière est clairement posée et le débat actuel fait surtout ressortir les devoirs de chacun.


Je suis un auteur édité, sous mon nom de naissance (Valérie Lamesch), et ai figuré parmi les lauréats du Prix du Jeune Écrivain en 2011, et suis également fraîchement autoéditée sous un nom de plume (Aurore Drey). Je n’ai probablement pas un recul total concernant le monde de l’autoédition, mais ayant exploré les deux versants du monde littéraire, je peux dire qu’ils sont l’un et l’autre bien plus complémentaires que totalement concurrents. Le rôle de l’éditeur, son travail de fond (dit éditorial), sa défense de « ses » livres, celui du libraire, des critiques, des journalistes... sont des rôles endossés par des amoureux du livre et de la lecture, et non par des êtres incompréhensifs, méchants ou frustrés.
 

À l’heure actuelle, les auteurs peuvent aussi opter pour la voie de l’autoédition. Et ce choix peut être fait sans pour autant dénier l’apport du monde de l’édition « classique ».

Un texte peut être autoédité pour de multiples raisons, et celles-ci ne sont pas forcément dues au refus des maisons d’édition : l’autoédition est le lieu rêvé pour rendre réels et tangibles des recueils de nouvelles, des textes hybrides ou des projets qu’une maison d’édition classique aurait du mal à « sponsoriser » ou défendre. L’autoédition enrichit l’univers littéraire autant que l’univers éditorial classique ne le fait au quotidien.
 

Au vu de ce qui se passe aujourd’hui, à savoir une prise en otage totale du monde littéraire, et surtout de ses acteurs, des êtres humains qui mènent tous une vie dédiée à la littérature, cette littérature qu’ils aiment et veulent partager : éditeurs (qui, suite au boycott ne peuvent vendre leurs livres sélectionnés), libraires confrontés à un choix cornélien (tuer ou être tué), auteurs (qui, comme leurs éditeurs, voient leurs livres être retournés), membres de jury de prix littéraires qui se retrouvent en première ligne d’un débat et d’une crise qu’ils n’ont pas voulu et aussi et surtout prise en otage des lecteurs (leur achat ou leur abstention d’achat en devient pratiquement un acte politique).
 

Alors, je me pose une question : dans tout cela, quelle est la responsabilité de l’auteur ?
 

Quand on opte pour l’autoédition, on a des avantages évidents, comme celui de garder ses droits d’auteur et celui de la grande flexibilité, mais aussi des désavantages méconnus.


L’auteur autoédité porte plusieurs casquettes : écrivain, graphiste, éditeur, correcteur, diffuseur. Ces tâches ne sont pas que des fonctions, ce sont aussi des devoirs : celui d’un texte abouti, d’une absence totale de fautes, d’une couverture travaillée et d’une mise en page soignée qui répond à tous les critères d’un livre sortant d’une maison d’édition. Et aujourd’hui, c’est ce que beaucoup d’auteurs autoédités proposent.
 

Aussi, dans la tourmente actuelle, se pose la question du devoir d’un auteur autoédité en matière de diffusion.


Pour prendre le cas d’Amazon, si on excepte les programmes d’exclusivité numérique (qui ne concernent pas la polémique existante), l’auteur est libre de faire tout ce qu’il veut avec son texte.

Il peut le proposer sans problème via d’autres plateformes en même temps qu’Amazon. Et ces plateformes offrent, contrairement à Amazon, la possibilité aux libraires de commander les livres sans perdre leur chemise. Ce choix d’une seule ou de plusieurs plateformes relève de la seule et unique responsabilité de l’auteur autoédité. Il a, à tout moment, la possibilité d’opter pour une diffusion papier large, car il n’est pas tenu par une exclusivité quelconque. Dès lors qu’il décide de ne pas opter pour une diffusion qui « nourrit » toute la filière du livre, je pense qu’il doit réaliser les conséquences de ses choix et leur impact sur autrui.
 

L’autre responsabilité, plus laborieuse, d’un auteur autoédité en matière de diffusion de son texte, est qu’il peut choisir d’utiliser ses livres d’auteur (qu’Amazon lui vend à prix d’impression, soit 3 € environ un livre de 200 pages + frais de port, qui eux sont fixes, et ce, que l’on commande un exemplaire ou vingt) et de les faire livrer directement non chez lui, mais à une librairie demandeuse. Le procédé est laborieux, demande d’investir de l’argent, mais est réalisable.
 

Bien organisé, une diffusion bien menée permet aussi bien à l’auteur qu’aux libraires de s’y retrouver.
 

Enfin, la dernière responsabilité d’un auteur autoédité est de jouer son rôle d’éditeur et de suivre la loi qui oblige le dépôt légal. Sinon, on propose un texte en situation irrégulière, ce qui à nouveau met à mal le travail des éditeurs de la filière classique qui sont obligés de jouer le jeu. S’autoéditer ne s’improvise pas, mais s’apprend.
 

En tant qu’écrivain, pour moi, la notion de partage est essentielle. Et ce partage se fait par le biais d’une collectivité, quelle que soit sa nature : classique ou indépendante. Les pages d’un livre et l’écriture qui les noircit prennent leur sens quand elles servent à relier les êtres humains et non les séparer. Pour moi, être écrivain, c’est se poser comme responsable de ce partage.
 

Et je peux d’autant plus mettre ces points en avant et encore moins jeter la première pierre que mes textes autoédités le sont chez Amazon. Mon recueil de nouvelles est d’ailleurs candidat au concours des Plumes francophones.
 

Cependant, le présent débat m’a permis de faire un « examen de conscience » en tant qu’auteur autoédité et de réfléchir quant à ma responsabilité d’auteur. Ainsi, dès aujourd’hui j’entame les démarches nécessaires pour proposer mes livres papier aussi sur une seconde plateforme.
 

Aurore Drey

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encolpe
61 days ago
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Pourquoi c’est si long ?

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encolpe
202 days ago
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Attention à l’attention

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Pour éclairer les questions de conception attentionnelles, autour du programme Retro-Design de l’Attention lancé par la Fing, il nous a semblé essentiel de recevoir un éclairage provenant des neurosciences et de la psychologie comportementale. C’est pourquoi nous nous sommes associés à Chiasma (FB, blog, @chiasmaparis) une association qui organise des débats pour éveiller à la pensée critique. C’est cette approche pédagogique qu’a choisie son cofondateur, Albert Moukheiber, chercheur en neuroscience et psychologue clinicien pour expliquer au petit groupe d’étudiants que nous encadrons à l’Ensci ce qu’était l’attention.

« Chez Chiasma, on est attaché à la complexité. Or, pour aborder la complexité, il faut savoir nuancer ses propos », explique Albert Moukheiber en guise d’amorçage pour désarmer les critiques. « Aujourd’hui, nous entendons partout des propos très alarmistes sur les écrans et leurs effets. Mais il est important de se rappeler que ces questions sont récentes. Malgré les études, on n’a pas le recul nécessaire pour comprendre ce qu’il se passe ». Et si on est alarmiste, c’est souvent parce que, en tant qu’espèce, on préfère se protéger que prendre un risque. On disait déjà de la lecture de la presse dans les transports en commun que c’était une technologie antisociale. Internet n’a que 25 ans, un brin de paille à l’échelle des 200 000 ans de notre espèce, estime Albert Moukheiber en nous invitant à nous défier de l’alarmisme.


Image : Albert Moukheiber devant les étudiants de l’Ensci.

Pourquoi notre attention est-elle une ressource limitée ?

Pour comprendre pourquoi notre attention est une ressource limitée, il faut prendre beaucoup de recul. Jusqu’à notre sédentarisation, il y a environ 12 000 ans, le plus grand danger que nous ayons connu était les prédateurs. En tant qu’espèce, qu’Homo Sapiens, nous avions besoin de mécanismes pour assurer notre survie dans un environnement dangereux, alors que nous n’étions ni l’espèce la plus forte, ni la plus rapide. Nos ancêtres chasseurs-cueilleurs devaient gérer des dilemmes. Quand on entend un bruit dans la forêt, il fallait savoir si c’était le vent ou un prédateur. Or, nous avions un bénéfice à faire un choix plus qu’un autre. Manquer une alerte était bien plus coûteux que de s’alarmer pour rien. On a développé une hypervigilance… en préférant nous tromper que mourir. Et cette hypervigilance réflexe nous est restée. C’est ce qui explique notre hypervigilance attentionnelle : qu’on sursaute face à un événement imprévu, qu’on continue de mobiliser notre attention à partir de signaux faibles. « Le problème est qu’on ne vit plus dans le même environnement ». Contrairement aux robots qui analysent tout très vite, notre cerveau fait des approximations pour favoriser la réaction. Aujourd’hui, les robots savent récupérer une balle qu’on leur lance en faisant une analyse de trajectoire. Nous aussi, mais d’une manière bien plus approximative, ce qui explique que parfois on ne l’a rattrape pas. Contrairement aux robots, nous avons pour cela des modèles approximatifs, des modèles heuristiques qui sont basés sur nos expériences passées. Nous apprenons à récupérer une balle, à utiliser un robinet ou une porte par l’expérience, ce qui ne nous conduit à parfois faire des erreurs.

Le chercheur se livre à une petite expérience d’ancrage. Il nous montre plusieurs images d’objets blancs en posant à chaque fois une question dont la réponse est « blanc ». Jusqu’à une image qui montre un verre de lait en posant la question « que boivent les vaches ? » Bien évidemment, la plupart d’entre nous répondent « lait ». Les quelques rares qui apportent une bonne réponse le font avec un petit décalage par rapport aux réponses qui viennent immédiatement. Oui, les vaches boivent de l’eau. « En fait, réprimer notre première réponse demande un effort ». C’est un bon exemple de notre fonctionnement heuristique qui demande de l’apprentissage et du temps pour être maîtrisé, à l’image des jeunes enfants qui apprennent petit à petit à manger et à viser de mieux en mieux leurs bouches avec une cuillère.

Ces modèles ont été conceptualisés par certains chercheurs comme Daniel Kahneman, qui nous a expliqué que nous avions un système de pensée rapide et un autre lent. Derrière cette métaphore, il faut entendre que nous avons d’un côté un système rapide, plutôt inconscient, assez automatique, souvent utilisé pour des décisions du quotidien, mais très sujet aux erreurs. C’est le coût de la vitesse. Et un autre système, plus lent, plus conscient, qui demande des efforts, qu’on utilise pour des décisions plus complexes, et souvent plus fiables. Et tout le problème consiste à passer de l’un à l’autre, de savoir quel système utiliser. Même si notre histoire, en tant qu’espèce, nous a appris qu’il valait mieux traiter l’information vite et se tromper. C’est le fondement de la théorie de la gestion des erreurs mise à jour par David Buss et Marie Haselton, qui soulignent qu’il est coûteux d’intégrer tous les détails de notre environnement tout en restant rapides et précis, ce qui explique que nous préférions l’erreur la moins coûteuse. « Pour créer du sens, pour interagir dans un environnement saturé, nous faisons des compromis qui favorisent les erreurs les moins coûteuses ».

De nos biais cognitifs et de leurs impacts sur nos prises de décision

À l’image de ces biais de décision, nos biais cognitifs sont nombreux. On en recense des centaines que l’on classe en quatre grandes familles. Ceux liés au fait que nous recevons trop d’information et qui nous poussent à faire des raccourcis. Les biais de sens, qui nous poussent à surinterpréter quand nous n’avons pas assez d’information. Les biais de rapidité qui nous poussent à agir vite. Les biais de mémorisation qui nous font reconstruire nos souvenirs depuis ce que l’on croit le plus probable ou possible. « Les biais n’ont rien à voir avec l’intelligence ou le niveau de culture ! Nous y sommes tous sensibles ! », rappelle le chercheur.

« Le problème est que tous ces biais sont prédictibles, ce qui fait qu’on peut vous orienter vers la réponse qu’on souhaite que vous donniez, qu’on peut les « ingénieuriser ». En fait nous sommes tellement prédictibles que ça devient un problème ». Plein de gens sont ainsi convaincus que Facebook enregistre leurs propos depuis les micros de leurs smartphones ou de leurs ordinateurs parce qu’ils y voient apparaître des publicités pour des produits qu’ils souhaitent acheter par exemple. Or, Facebook dispose de suffisamment données pour prédire ce qui vous intéresse, notamment parce que nous sommes éminemment prédictibles. L’enjeu désormais pour Google ou Facebook consiste même à réduire la qualité de la prédiction pour ne pas effrayer ses utilisateurs.

« L’attention est un jeu à somme nulle »

Outre la raison liée à l’évolution, le second facteur qui explique que notre attention soit limitée est structurel. La capacité de nos cerveaux a des limites, explique Albert Moukheiber en nous invitant à regarder une petite vidéo pour tenter de voir ce qui change.

Vous avez vu quelque chose ? On ne voit pas ce qui change doucement. Notre attention est limitée temporellement et nous sommes peu réceptifs au changement progressif. C’est ce qui explique, notamment, qu’on ne se voit pas vieillir ou grossir. Notre attention est limitée dans le temps. Et nous sommes bien plus attentifs à ce qui bouge vite, à ce qui clignote… qu’à un changement progressif.

Albert Moukheiber utilise ainsi plusieurs vidéos du psychologue et prestidigitateur britannique, Richard Wiseman (Wikipédia, chaîne vidéo, @richardwiseman) pour montrer que notre capacité à nous concentrer est limitée (essayez par exemple de remarquer le changement de couleur dans ce fameux tour de carte). Notre attention est également sélective « spatialement ». Elle n’est pas non plus multitâche. On ne sait pas faire plusieurs choses en même temps. Le multitâche n’existe pas vraiment : on passe en fait d’une tâche à l’autre très vite et on perd en efficacité en fait du fait de ces engagements/désengagements.

« L’attention est un jeu à somme nulle » : si on en donne une part, on ne peut la donner à autre chose. Si je me concentre sur quelque chose, je ne peux me concentrer sur autre chose. C’est ce qui explique en grande partie l’hyper-compétitivité à l’égard de la captation de notre attention.

Pourtant, on ne cesse de tenter de faire plusieurs choses en même temps. Comme de lire un livre ou un article en écoutant de la musique. Reste que quand on fait deux choses en même temps, on perd en qualité. Prenez la conduite par exemple. Le jeune conducteur, au début, doit se concentrer sur sa route et n’est pas vraiment capable de discuter ou de siffloter en même temps. C’est seulement après une certaine pratique, qu’il arrive à siffloter ou à discuter. Mais dès que l’environnement est dangereux, même le conducteur chevronné s’arrête de siffloter ou de parler pour se reconcentrer sur la circulation. L’attention est une même somme brute, qu’on arrive à mieux gérer avec l’habitude ou l’automatisation.

Vers un web intuitif : adapté ou déformé par nos biais cognitifs

« Notre cerveau aime prédire ce qu’il va se passer. Si je lâche mes lunettes, je sais qu’elles vont tomber – et si ce n’était pas le cas, on flipperait grave. » Un design intuitif en ligne correspond à un site où l’utilisateur devine ce qu’il va se passer, c’est-à-dire où la prédictibilité de l’utilisateur matche avec la réalité. C’est ce qui explique que nous nous adaptons aux symboles que les interfaces utilisent. Ou que les gestuelles des écrans tactiles soient efficientes, car leurs fonctions en étant intuitives nous étaient aussi prédictibles. En permettant de mesurer avec précision nos comportements, le numérique permet de créer des interfaces particulièrement intuitives. On peut désormais détecter nombre de signaux de nos comportements en ligne pour les exploiter. À l’image de reCaptcha, qui n’est plus qu’une simple case à cocher pour signaler que nous ne sommes pas un robot, parce que l’interface détecte notre vitesse de réponse et le mouvement de notre souris pour nous distinguer des robots.

L’ingénierie de nos biais cognitifs ne date certes pas de l’internet : le marketing les exploite depuis longtemps. Mais le web design permet d’aller plus avant, en exploitant directement nos réponses et nos traces. Toutes ces formes d’exploitation ne sont pas à condamner. Beaucoup sont en fait très utiles. Pas toutes, explique-t-il avant de faire une revue des pires pratiques de prise en otage de notre attention (voir sa présentation).

Nombre de services exploitent ainsi le biais de conformité sociale, consistant à vous montrer ce qui est populaire chez vos amis parce qu’on aime se conformer à ce que font les autres. Facebook sait très bien utiliser ce levier pour proposer de la publicité où vous présenter des groupes ou des événements.

Un autre biais très exploité, c’est celui de l’attention continue, à l’image du scroll sans fin ou du déclenchement automatique d’un autre contenu, par exemple à la fin d’une vidéo.

Le biais de cadrage est très utilisé pour l’achat en ligne notamment. Il consiste à cadrer le comportement par une formulation ou des options limitées, afin de l’orienter, à l’image d’une présentation d’options tarifaires limitées, orientées pour vous faire préférer une offre sur les autres.

Le biais de désirabilité sociale consiste à susciter du désir pour se conformer à ce qui semble être le comportement des autres, ou ce que l’on vous présente comme tel. C’est l’un des grands enjeux du marketing de firmes comme Apple qui crée un besoin autour d’un objet présenté comme un statut social.

Le biais de répétition ou de matraquage consiste à démultiplier votre exposition à une information, le plus souvent une publicité. Plus qu’une erreur de ciblage, l’objectif est bien de vous faire douter (ou acheter) face à la répétition.

L’illusion de récence consiste à présenter de l’information comme étant nouvelle, quand bien même elle ne cesse de recycler des contenus.

Le biais d’effet de groupe consiste à créer le zeitgeist du moment, la chose dont tout le monde parle, partout, afin de vous amener à y céder, à l’image des séries télé dont tout le monde parle via des procédés de viralité publicitaire souvent très orchestrés.

L’aversion au risque est également un biais très exploité. Booking ou TripAdvisor par exemple le couplent avec les biais de rareté, de répétition et moult attaques sensorielles pour vous faire passer à l’achat.

Tout cela se fait sur un mode de gratification répétée, instantanée, programmée ou aléatoire, à l’image des récompenses variables théorisées par BJ Fogg et Nir Eyal. Sur les réseaux sociaux par exemple, l’algorithme dévoile nos publications par à-coups pour générer des likes, puis les montre à d’autres pour en générer de nouveau afin de nous faire revenir régulièrement pour obtenir ces micro-récompenses.

Sans compter également les sludges, ces mauvaises pratiques, ces « dark patterns » (vidéo), ces pièges à utilisateurs ces nudges inversés qui vont du précochage d’options aux bannières publicitaires qui semblent être sales pour vous inciter à mettre le doigt dessus pour nettoyer votre écran et cliquer sur elles.

On pourrait continuer longtemps ce répertoire de pratiques. Albert Moukheiber nous invite en conclusion à nouveau à être prudents et nuancés. Toute manipulation ne vise pas à déclencher des récompenses ou à activer nos neurotransmetteurs. La limite entre la manipulation et l’ergonomie demeure assez floue et s’évalue au cas par cas et ce d’autant que nous ne sommes pas égaux face aux biais. Ainsi, globalement, la prise de risque est plus forte à l’adolescence et l’aversion à la perte se renforce en vieillissant. Des questions de caractère et de psychologie jouent également. Les dépressifs ou les anxieux ont des biais spécifiques. Les biais et leur manipulation doivent s’étudier en contexte.

L’important est de comprendre qu’on ne peut pas déjouer ces mécanismes. On ne peut pas les éviter. On peut les comprendre. Apprendre à les inhiber un peu, apprendre à être vigilant, à douter de ses émotions, de ses intuitions… On ne peut qu’avoir une approche corrective, plus que préventive. Au niveau global, on peut faire des réglementations et des législations pour contraindre aux bonnes pratiques, comme le fait d’afficher les prix au kilo ou d’interdire le précochage sur internet.

Au niveau individuel, notre capacité d’action est plus limitée. Elle ne repose pas sur une question d’éducation. Tout le monde sait pourquoi le marketing nous propose des prix « psychologiques » en 9, cela n’empêche pas que cela marche. Au niveau individuel, on peut juste être plus conscients des erreurs de logiques que nous faisons, nous former à la pensée critique et aux nuances. Pour Chiasma justement, l’enjeu est justement de déplacer la question de l’estime de soi que génère une opinion, à l’estime du raisonnement critique. En attendant que les pratiques changent, nous ne pouvons que chercher à nous protéger en tant qu’individu.

Hubert Guillaud

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encolpe
224 days ago
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Racism in the Office

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Today I was at an office party and the conversation turned to race, specifically the incidence of unarmed Afro-American men and boys who are shot by police. Apparently the idea that white people (even in other countries) might treat non-white people badly offends some people, so we had a man try to explain that Afro-Americans commit more crime and therefore are more likely to get shot. This part of the discussion isn’t even noteworthy, it’s the sort of thing that happens all the time.

I and another man pointed out that crime is correlated with poverty and racism causes non-white people to be disproportionately poor. We also pointed out that US police seem capable of arresting proven violent white criminals without shooting them (he cited arrests of Mafia members I cited mass murderers like the one who shot up the cinema). This part of the discussion isn’t particularly noteworthy either. Usually when someone tries explaining some racist ideas and gets firm disagreement they back down. But not this time.

The next step was the issue of whether black people are inherently violent. He cited all of Africa as evidence. There’s a meme that you shouldn’t accuse someone of being racist, it’s apparently very offensive. I find racism very offensive and speak the truth about it. So all the following discussion was peppered with him complaining about how offended he was and me not caring (stop saying racist things if you don’t want me to call you racist).

Next was an appeal to “statistics” and “facts”. He said that he was only citing statistics and facts, clearly not understanding that saying “Africans are violent” is not a statistic. I told him to get his phone and Google for some statistics as he hadn’t cited any. I thought that might make him just go away, it was clear that we were long past the possibility of agreeing on these issues. I don’t go to parties seeking out such arguments, in fact I’d rather avoid such people altogether if possible.

So he found an article about recent immigrants from Somalia in Melbourne (not about the US or Africa, the previous topics of discussion). We are having ongoing discussions in Australia about violent crime, mainly due to conservatives who want to break international agreements regarding the treatment of refugees. For the record I support stronger jail sentences for violent crime, but this is an idea that is not well accepted by conservatives presumably because the vast majority of violent criminals are white (due to the vast majority of the Australian population being white).

His next claim was that Africans are genetically violent due to DNA changes from violence in the past. He specifically said that if someone was a witness to violence it would change their DNA to make them and their children more violent. He also specifically said that this was due to thousands of years of violence in Africa (he mentioned two thousand and three thousand years on different occasions). I pointed out that European history has plenty of violence that is well documented and also that DNA just doesn’t work the way he thinks it does.

Of course he tried to shout me down about the issue of DNA, telling me that he studied Psychology at a university in London and knows how DNA works, demanding to know my qualifications, and asserting that any scientist would support him. I don’t have a medical degree, but I have spent quite a lot of time attending lectures on medical research including from researchers who deliberately change DNA to study how this changes the biological processes of the organism in question.

I offered him the opportunity to star in a Youtube video about this, I’d record everything he wants to say about DNA. But he regarded that offer as an attempt to “shame” him because of his “controversial” views. It was a strange and sudden change from “any scientist will support me” to “it’s controversial”. Unfortunately he didn’t give up on his attempts to convince me that he wasn’t racist and that black people are lesser.

The next odd thing was when he asked me “what do you call them” (black people), “do you call them Afro-Americans when they are here”. I explained that if an American of African ancestry visits Australia then you would call them Afro-American, otherwise not. It’s strange that someone goes from being so certain of so many things to not knowing the basics. In retrospect I should have asked whether he was aware that there are black people who aren’t African.

Then I sought opinions from other people at the party regarding DNA modifications. While I didn’t expect to immediately convince him of the error of his ways it should at least demonstrate that I’m not the one who’s in a minority regarding this issue. As expected there was no support for the ideas of DNA modifying. During that discussion I mentioned radiation as a cause of DNA changes. He then came up with the idea that radiation from someone’s mouth when they shout at you could change your DNA. This was the subject of some jokes, one man said something like “my parents shouted at me a lot but didn’t make me a mutant”.

The other people had some sensible things to say, pointing out that psychological trauma changes the way people raise children and can have multi-generational effects. But the idea of events 3000 years ago having such effects was ridiculed.

By this time people were starting to leave. A heated discussion of racism tends to kill the party atmosphere. There might be some people who think I should have just avoided the discussion to keep the party going (really I didn’t want it and tried to end it). But I’m not going to allow a racist to think that I agree with them, and if having a party requires any form of agreement to racism then it’s not a party I care about.

As I was getting ready to leave the man said that he thought he didn’t explain things well because he was tipsy. I disagree, I think he explained some things very well. When someone goes to such extraordinary lengths to criticise all black people after a discussion of white cops killing unarmed black people I think it shows their character. But I did offer some friendly advice, “don’t drink with people you work with or for or any other people you want to impress”, I suggested that maybe quitting alcohol altogether is the right thing to do if this is what it causes. But he still thought it was wrong of me to call him racist, and I still don’t care. Alcohol doesn’t make anyone suddenly think that black people are inherently dangerous (even when unarmed) and therefore deserving of being shot by police (disregarding the fact that police can take members of the Mafia alive). But it does make people less inhibited about sharing such views even when it’s clear that they don’t have an accepting audience.

Some Final Notes

I was not looking for an argument or trying to entrap him in any way. I refrained from asking him about other races who have experienced violence in the past, maybe he would have made similar claims about other non-white races and maybe he wouldn’t, I didn’t try to broaden the scope of the dispute.

I am not going to do anything that might be taken as agreement or support of racism unless faced with the threat of violence. He did not threaten me so I wasn’t going to back down from the debate.

I gave him multiple opportunities to leave the debate. When I insisted that he find statistics to support his cause I hoped and expected that he would depart. Instead he came back with a page about the latest racist dog-whistle in Australian politics which had no correlation with anything we had previously discussed.

I think the fact that this debate happened says something about Australian and British culture. This man apparently hadn’t had people push back on such ideas before.

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encolpe
243 days ago
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Agences Web et coût d'un site

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David nous propose un voyage éducatif sur le coût d'un site Web. Ceci se développe autour un dialogue raisonné et raisonnable entre un client et un fournisseur. Dans l'épilogue, le client dit : — Je suis tellement déçu…


Malheureusement, ce moment là est celui que tous les commerciaux d'agences Web évitent. Et c'est la partie triste de l'affaire. Beaucoup d'agences Web tirent les prix vers le bas. Elles sont mises en compétition avec une ou deux autres agences pour créer une proposition de site, la plupart du temps sans frais. Tout le monde essaie de gagner l'argent qui leur permet de survivre.


Le dialogue imaginé par David serait pourtant toujours sain à avoir. Il place en avant les enjeux, dépassionne le débat et met le client en face d'une véritable responsabilité.


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encolpe
245 days ago
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